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Accès aux documents scolaires pour les étudiant(e)s incapables de lire les imprimésMÉMOIRES PRÉSENTÉS PAR DES DISPENSATEURS DE SERVICESAssociation canadienne des conseillers en services aux étudiants handicapés au postsecondaire (septembre 2004)IntroductionL’Association canadienne des conseillers en services aux étudiants handicapés au postsecondaire (ACCSEHP) regroupe des organisations qui offrent un soutien scolaire aux étudiants handicapés, sur les campus des collèges et des universités publics et privés du Canada. Les membres de l’ACCSEHP offrent un ensemble complet de services aux étudiants collégiaux et universitaires aux prises avec divers handicaps. Un pourcentage important de ces étudiants sont incapables de lire les imprimés, en raison de :
Les étudiants avec qui nous travaillons quotidiennement veulent apprendre et réussir autant que leurs collègues étudiants non handicapés. Pourtant, pour bon nombre de ces étudiants, l’obstacle à l’apprentissage est la difficulté d’obtenir en temps opportun des documents scolaires accessibles en média substitut. Nos membres ont élaboré une approche à la pièce pour fournir des documents accessibles. Ils sont aux prises avec cette question chaque jour, et ils tentent d’assurer un accès égal à l’apprentissage à ces étudiants. Il est important de noter que l’accès varie au Canada en raison de divers facteurs :
Enjeux actuelsLe personnel des établissements postsecondaires fait preuve de créativité pour répondre aux besoins des étudiant(e)s incapables de lire les imprimés, en offrant divers services, en coopérant avec d’autres organisations et en déléguant directement certaines responsabilités aux étudiants. Voici quelques exemples de la palette des options et services pouvant être offerts par les établissements :
Les dispensateurs de services aux étudiants handicapés indiquent que le degré de succès de ces options est variable. Un thème commun qui ressort, c’est le temps pris pour déterminer le type spécifique de service qui répond aux besoins de l’établissement, des étudiants et du personnel. Nombreux sont ceux qui trouvent que les services sont fastidieux, compliqués et guère satisfaisants pour les étudiants, peu importe les options utilisées. En effet, tenter de savoir si un manuel est déjà disponible en média substitut prend énormément de temps. Les établissements qui produisent leurs propres documents en média substitut indiquent que cela prend du temps, des fonds, du personnel et des compétences. Cela signifie également que les étudiants ne reçoivent pas leurs manuels avant que le semestre ne soit bien entamé, et parfois qu’ils ne les reçoivent pas du tout. Ils doivent connaître les horaires avant le début du semestre, commander les manuels le plus tôt possible, et également communiquer avec les professeurs afin de connaître les titres des manuels qu’ils ont choisis pour un cours particulier. Les dispensateurs de services qui font appel aux producteurs régionaux ou provinciaux signalent également que les documents en média substitut ne sont pas toujours fournis à temps. Il semble que faire appel à une agence de l’extérieur prenne autant de temps pour un établissement que de produire les documents requis à l’interne. Peu importe l’option, le principal obstacle semble être l’obtention des documents à temps pour les étudiants. Les établissements ont des problèmes partout au pays, dans toutes les provinces et tous les territoires. Les solutions aux problèmes sont souvent d’ordre régional. Mais en raison de la variabilité des solutions régionales, on aboutit à un manque d’uniformité dans la qualité des documents produits, et à des difficultés de stockage, de partage et de reproduction. Les établissements produisent leurs documents à l’interne, les producteurs provinciaux et territoriaux oeuvrent pour leur province ou leur territoire, et l’INCA produit des documents à l’échelle nationale. Avec tous ces paliers, on en arrive à une production fragmentée de documents en média substitut qui est inefficace, inefficiente, coûteuse et absolument inutile. Les progrès technologiques offrent déjà de nombreuses autres options pour produire des manuels en média substitut, ce qui facilite la production de documents pour certains dispensateurs de services aux étudiants handicapés et pour les étudiants. Certains dispensateurs trouvent que les progrès technologiques ne sont pas évidents, car cela leur impose des pressions et un stress nouveau. Tous les établissements ne disposent pas d’un personnel compétent dans l’utilisation de ces technologies, n’ont pas les fonds pour acheter l’équipement de production, ou n’ont tout simplement pas le personnel pour faire le travail de production. Il semble que la responsabilité de fournir/produire des documents en média substitut varie grandement d’un établissement à l’autre, au sein d’une même province, ou d’une province à l’autre. Les médias substituts comprennent le texte électronique (texte numérique), l’audionumérique, le MP3, le format DAISY, etc., ce qui rend la production de manuels analogiques sur bande ou sur cassette moins intéressante. Il existe un large éventail de lecteurs de texte numérique, sous forme de lecteurs portatifs ou de logiciels installables sur ordinateur. Ces nouvelles technologies offrent plus de possibilités et d’options pour les étudiants, leur permettant d’utiliser des fonctions de recherche, des dictionnaires électroniques, des logiciels de conversion du texte en paroles, utilisables conjointement avec leurs manuels électroniques. Toutefois, ces technologies exigent de la part des étudiants des compétences plus importantes pour utiliser avec profit l’équipement, ou tout simplement pour pouvoir y accéder. Il est donc essentiel d’offrir une formation portant sur l’utilisation de la nouvelle technologie, afin de tirer un profit maximal des options disponibles. En outre, la technologie n’est pas utilisable physiquement par tous les étudiant(e)s incapables de lire les imprimés. Il est important de noter que cette technologie vise seulement à simplifier l’utilisation des documents en média substitut, et non à les produire. Les différents formats ont leurs propres problèmes. Les documents en Word ont tendance à perdre leur formatage, la numérotation et les images. Les attributs cachés, comme les cadres ou les couches, peuvent cause passablement de problèmes quand on les convertit en audio. Pour corriger ces problèmes, il faut recourir à un éditeur. Les programmes de lecture d’écrans sont maintenant pourvus de touches d’accès pour lire les documents en PDF. Toutefois, le créateur d’un fichier PDF peut en interdire l’accès, même si l’utilisateur a les outils pour les utiliser. Le langage XML peut en général être utilisé par les navigateurs Internet, comme Internet Explorer et Netscape Navigator, et il offre toutes les fonctions d’accessibilité disponibles pour la navigation sur le Web, y compris la modification du type et de la taille des polices (feuilles de style en cascade). Mais ce ne sont pas tous les concepteurs de pages Web qui offrent ces fonctionnalités. Les nouvelles technologies (autant le matériel que les logiciels) donnent confiance aux étudiants et leur permettent de suivre des cours plus avancés et plus complexes, parce qu’ils ont davantage accès aux manuels. Cela signifie que la demande de documents accessibles augmente, que le contenu devient plus complexe et que la gamme des sujets couverts est beaucoup plus grande. De plus, le coût de l’équipement a grandement chuté depuis une dizaine d’années, ce qui rend la technologie abordable pour la plupart des étudiants. Malgré ces progrès technologiques, il n’existe pas encore de processus permettant de numériser exactement et facilement les livres qui contiennent des nombres, des équations et des mises en page complexes, ce qui comprend les manuels de mathématiques et de sciences. Certains ouvrages comportent non seulement des graphiques et des diagrammes, mais également du texte en marge, des polices complexes et des graphiques difficiles à reproduire par numérisation. Bien que certains éditeurs fournissent les fichiers électroniques, ceux ci sont rarement des documents texte, car ils contiennent le formatage original et les images numériques. Bien que le fichier ressemble en apparence à un format accessible, il faut en fait de nombreuses heures de travail pour en retirer le formatage et les images numériques, afin d’en arriver uniquement à un texte de base. Tous les éditeurs ne coopèrent pas pour fournir ce genre de texte. Selon le personnel de certains établissements, ceux ci ont beaucoup plus de succès en obtenant les fichiers des éditeurs en version épurée (version texte seulement), mais cette option n’est pas toujours assurée. Plusieurs établissements indiquent qu’ils ont établi un laboratoire de technologie où les étudiants peuvent produire leurs propres documents en média substitut, à l’aide d’un numériseur et d’un logiciel de reconnaissance optique des caractères. Le personnel de l’établissement offre une formation aux étudiants, afin qu’ils puissent produire leurs propres textes électroniques. Cela fonctionne bien pour certains étudiants, mais pour d’autres, un temps d’étude précieux est perdu à produire leurs manuels, une responsabilité accrue qui est une source de frustration, sans oublier l’obstacle supplémentaire que cela représente dans leur éducation. Une autre source de frustration est l’accès canadien limité aux ressources numériques de RFB&D. Bien que nous ayons toujours accès aux livres sur bande, RFB&D ne donne plus accès à son fonds de manuels numériques aux demandeurs de l’étranger. Cela signifie que même si un manuel ou un livre a pu être produit par RFB&D en média substitut, les Canadiens devront le reproduire localement. Chacun des problèmes ci dessus représente un obstacle, mais quand toutes ces conditions se présentent en même temps, la tâche devient colossale pour le dispensateur de services aux étudiants handicapés du postsecondaire. Cet impact est également ressenti par les étudiants, car leur accès sera trop limité et ils sont désavantagés au point de vue scolaire. C’est pourquoi il faut trouver une solution canadienne et exhaustive, permettant au personnel des établissements et aux étudiants d’obtenir à temps les documents en média substitut et l’équipement nécessaire. Nous insistons sur l’importance de cette question pour nos membres, nos étudiants et pour l’ensemble de la société. Ne pas offrir un accès universel aux documents scolaires de niveau postsecondaire constitue une discrimination contre un segment de la population étudiante qui est qualifié pour faire des études, ce qui contrevient aux politiques sur les droits de la personne.
Les problèmes d’accès décrits ci dessus soulignent plusieurs impacts sur les étudiant(e)s incapables de lire les imprimés. Il est impératif que l’ensemble du système (étudiant(e)s incapables de lire les imprimés, dispensateurs de services au postsecondaire, bibliothécaires, producteurs de documents en média substitut et législateurs) évalue entièrement l’impact du manque d’accès aux documents scolaires en média substitut et trouve des solutions pour résoudre ce problème systémique. Parmi les principaux impacts, mentionnons :
RecommendationsComme l’accès tardif ou limité aux documents scolaires a manifestement des impacts, des mesures doivent être prises pour abolir cette discrimination qui continue de frapper les étudiant(e)s incapables de lire les imprimés au Canada. Voici donc les recommandations de l’ACCSEHP pour ses membres et les étudiants qu’ils desservent :
ConclusionBien que des progrès aient été réalisés grâce aux avancées de la technologie, à un accès accru des étudiants handicapés à l’équipement (rendu possible par le financement fédéral et provincial) et à l’acquisition des compétences technologiques requises par les étudiants et les dispensateurs de services, l’accessibilité complète aux documents scolaires n’est pas encore une réalité. Obtenir les documents à temps demeure un problème crucial. Cet obstacle est constant, peu importe que les documents soient produits par un centre provincial, sur le campus ou par l’étudiant. Bon nombre des solutions mises en place par les établissements ne sont que des palliatifs et masquent un problème plus grand. Les étudiant(e)s incapables de lire les imprimés continuent d’être l’objet de discrimination sur les campus, car ils n’ont pas le même accès aux documents imprimés que leurs collègues non handicapés. Nous croyons qu’en travaillant avec nos étudiants et avec des organisations comme NEADS, l’ASEUCC, la CAER et autres qui oeuvrent aux mêmes fins, nous continuerons à faire des progrès pour assurer un accès égal de tous les Canadiens et Canadiennes à l’éducation. Nous voulons un accès universel, sans devoir créer des formats accessibles après coup. Le rattrapage est toujours coûteux en termes humains et monétaires. Nous mettons au défi nos gouvernements d’adopter une législation qui crée un accès universel aux documents imprimés, peu importe le format, lorsque le manuel est acheté, et qui traite tous les Canadiens et toutes les Canadiennes sur le même pied d’égalité. Le tout respectueusement soumis à l’Association nationale des étudiant(e)s handicapé(e)s au niveau postsecondaire. Pat Pardo
12 novembre 2004
Présentations et revue de l’ordre du jour
Gladys Loewen souhaite la bienvenue aux participants au groupe de discussion de l’ACCSEHP (Association canadienne des conseillers en services aux étudiants handicapés au postsecondaire) sur les médias substituts. Elle présente ensuite les membres suivants :
Le thème de la réunion est le suivant : comment l’ACCSEHP peut elle faire avancer la problématique de l’accès aux médias substituts pour les étudiant(e)s incapables de lire les imprimés, puisque tous les collèges et toutes les universités sont confrontés à ce problème? Au cours des dernières années, l’ACCSEHP a tenu plusieurs séances en comité et ateliers ponctuels sur cette question. Le moment est venu de compiler une liste des problèmes et des idées dans une perspective nationale, au sujet des prochaines étapes à prendre, afin d’assurer l’accès des étudiant(e)s incapables de lire les imprimés aux documents scolaires. Cette information permettra au Conseil d’administration de l’ACCSEHP de déterminer et de prioriser les activités requises pour aider les établissements postsecondaires au Canada. Gladys Loewen indique que même si le groupe de discussion est organisé par l’ACCSEHP, le compte rendu sera publié dans un document de l’Association nationale des étudiant(e)s handicapé(e)s au niveau postsecondaire (NEADS), dans le cadre de son projet. Les résultats du groupe de discussion seront également présentés à la conférence de NEADS, le jour suivant. Gladys Loewen explique que le format de la réunion sera le suivant : discussions avec tout le groupe, discussions restreintes en trois sous-groupes, dont un bilingue, et rapports des trois sous-groupes sur les principales priorités pour orienter l’ACCSEHP. Séance de remue méninges au sujet de l’énoncé de vision « Les établissements d’études supérieures doivent valoriser la notion d’accès égal aux documents imprimés et assurer cette égalité d’accès dans tout l’établissement d’éducation. » Gladys Loewen invite le groupe à une séance de remue méninges, afin de peaufiner cet énoncé de vision, ce qui donnera le coup d’envoi aux discussions de la journée. Les discussions suivantes prennent place :
On en arrive ainsi à un nouvel énoncé de vision : « Les établissements d’études supérieures doivent valoriser la notion d’accès égal et à temps à l’information et assurer cet accès égal et à temps dans tout l’établissement d’éducation. »
On obtient ainsi une nouvelle version de l’énoncé de vision : « Les établissements d’études supérieures doivent valoriser la notion d’accès égal et à temps à l’information dans le milieu d’études. » Les participants discutent de la nécessité de renforcer l’aspect « valorisation » de l’accès. On en arrive ensuite à l’énoncé suivant : « Les études supérieures doivent valoriser la notion d’accès égal et à temps à l’information dans l’environnement d’études. »
On obtient alors l’énoncé de vision suivant, qui est approuvé unanimement : « Assurer l’accès égal et à temps à l’information scolaire dans le milieu des établissements postsecondaires. » Le groupe convient de revoir cet énoncé après les discussions de la journée. Sous-groupes de discussion Déterminer les critères qui démontrent le succès de la diffusion et de la production de documents en média substitut dans un établissement d’éducation postsecondaire. Notes du sous-groupe présidé par Vince Tomassetti. (Remarque : Les participants dans ce groupe consistaient en dispensateurs de services aux étudiants handicapés du postsecondaire, et représentaient 4 provinces.) « Je saurai que nous avons réalisé notre vision d’offrir des documents en média substitut dans tous les milieux d’apprentissage quand… » Les participants indiquent que la rapidité d’obtention des documents est un critère majeur de succès. Dans leur discussion au sujet de ce que constitue un délai raisonnable, ils indiquent que cela dépend du format et du contenu du cours. La conversion de certains formats prend plus longtemps. Par exemple, les documents de cours, notamment en mathématiques ou en informatique, comportent des symboles inhabituels, et leur conversion prend donc plus de temps que pour un roman. Un délégué indique que certains professeurs créent le contenu de leur cours à mesure que le semestre avance. D’autres indiquent que les professeurs doivent être sensibilisés aux besoins des étudiants. Ils doivent avoir la responsabilité de fournir les documents d’une manière raisonnable. La méthode de conception universelle (CU) est une bonne approche, et on devrait inciter les professeurs à l’adopter. De plus, la structure interne des universités devrait être mieux organisée et axée sur les étudiants. Le délai raisonnable pour recevoir des documents en média substitut serait de deux semaines, mais l’université devrait commencer à coordonner la production de ces documents six mois avant le début des cours. Dans l’idéal, on devrait offrir aux étudiants handicapés plusieurs médias substituts, en même temps que les documents réguliers sont mis à la disposition des étudiants non handicapés. Il y aurait alors égalité. De plus, les étudiants handicapés devraient avoir accès en même temps que les étudiants réguliers aux changements de dernière minute aux cours. Un participant indique qu’un autre critère de succès est la responsabilité des étudiants : ils arrivent au cours préparés. Le groupe discute ensuite de la responsabilité de produire les documents en média substitut. Les participants indiquent que les étudiants ont un choix – tout dépendant de la personne, de la nature de son handicap et du but des études : accroître son indépendance et acquérir des compétences professionnelles pour la vie. Toutefois, les délégués estiment que la technologie devrait être principalement un outil d’apprentissage pour les étudiants, et non un outil de production. Les étudiants sont ici pour apprendre, et non pour travailler, et le temps qu’ils passent à produire des documents serait mieux alloué aux études. De plus, on ne doit pas oublier que les étudiants handicapés sont déjà désavantagés, en raison de leurs handicaps mêmes. Ils sont confrontés à une foule d’obstacles systémiques et ils ont déjà passablement plus de difficulté à œuvrer dans leur environnement que les étudiants non handicapés. On ne devrait pas compromettre le temps crucial qu’ils allouent aux études. Les délégués discutent ensuite de la qualité des documents produits en média substitut. Les documents produits par les étudiants sont, selon toute vraisemblance, inférieurs aux documents produits de manière professionnelle. Toutefois, les étudiants doivent trouver le juste équilibre entre l’accès à temps et l’utilisation d’un produit imparfait. En outre, ils doivent trouver un compromis entre le temps requis pour obtenir un document de qualité supérieure, par rapport au temps requis pour étudier avec un document imparfait qui peut contenir des erreurs ou des renseignements incomplets. Une participante indique que les étudiants lui demandent beaucoup moins qu’auparavant de rédiger des lettres priant leurs professeurs de reporter la date de remise d’un devoir ou d’un examen parce qu’ils n’avaient pas les documents requis pour étudier. C’est un autre critère de succès. Une meilleure coordination entre les différents intervenants – éditeurs, librairies, professeurs, etc. – est également importante. Une loi sur le droit d’auteur « plus conviviale » favoriserait la production de documents en média substitut, particulièrement en gros caractères. Davantage de documents multimédias devraient être sous titres codés ou visibles, particulièrement pour les étudiants ayant un handicap auditif. Un problème connexe est l’interprétation en temps réel pour toutes les activités sur le campus, y compris les activités multimédias audiovisuelles comme les concerts et les pièces de théâtre, qui pourraient être présentés dans des salles multimédia. Les sites Web et les documents devraient également être totalement accessibles, par exemple par l’intermédiaire de WebCT et par fichiers PDF. Rapports des groupes à la plénière : résumé des trois groupes : Critères de succès :
Résumé des principaux points :
Notes du sous-groupe présidé par Vince Tomassetti Les obstacles suivants viennent rapidement à l’esprit :
Le groupe discute ensuite de la qualité des documents en média substitut, ce qui constitue un obstacle important. Vince Tomassetti suggère un système d’évaluation – p. ex., pour être acceptable, un document doit avoir un taux d’exactitude d’au moins 75 %. Un autre participant indique qu’un obstacle important est l’accès aux cartes et aux graphiques, comme les graphiques tactiles. Enfin, un autre délégué souligne que même si les bandes audio ne sont plus beaucoup utilisées, bon nombre des lecteurs sont des volontaires et les livres audio sont de piètre qualité. La technologie représente un autre obstacle. Parfois, les étudiants ne peuvent pas accéder à la technologie requise, ou encore le dispensateur de services ou l’étudiant n’a pas la formation requise pour l’utiliser. Enfin, l’handicap d’un étudiant peut tout simplement l’empêcher d’utiliser la technologie. Plusieurs délégués ont exprimé leur frustration : on parle des mêmes problèmes depuis de trop nombreuses années. Par exemple, certaines technologies comme les revues en ligne introduisent des obstacles additionnels quand elles ne sont pas accessibles ou dans des formats partageables. Toutefois, d’autres participants reconnaissent qu’il est maintenant beaucoup plus facile d’obtenir des textes numériques des grands éditeurs, et certains ont même le choix entre le format PDF ou Microsoft Word. Un participant indique que dans son établissement, aucun des étudiants ayant reçu un texte électronique d’un éditeur ne s’était plaint d’une mauvaise qualité ou de pages manquantes. Pour ce qui est de la conversion des manuels contenant des graphiques et des tableaux en texte numérique, un délégué suggère d’utiliser le logiciel PDF Converter, vendu par la compagnie ScanSoft. Il convertit les fichiers PDF en documents Word qui ressemblent à l’original, y compris les colonnes, les tableaux et les graphiques. D’autres participants mentionnent d’autres produits, y compris une imprimante virtuelle offerte par Abbey, d’autres produits par Abbey Systems, et des produits de technologie d’assistance par Kurzweil qui facilitent la numérisation et la lecture. Un autre obstacle est l’absence de personnes formées pour utiliser ces produits et produire ces documents, notamment en sciences et en mathématiques. Le groupe discute ensuite de la responsabilité de fournir les documents. Il existe plusieurs politiques et lois en matière de droits de la personne, mais elles ne sont pas appliquées. Le traitement d’une plainte envers un éditeur peut prendre plusieurs années. En outre, bien que les collèges et universités aient manifestement des responsabilités, on ne voit pas clairement quelle entité est responsable au sein de ces établissements. Est ce la bibliothèque, la librairie, le bureau des services aux étudiants handicapés, ou les organismes externes comme les éditeurs? Selon certains, c’est le créateur de l’information qui est responsable, en d’autres mots l’éditeur. Selon d’autres, si un établissement postsecondaire choisit certains manuels dans le cadre de ses programmes de cours, il lui incombe de rendre ces documents accessibles. Un délégué souligne que l’université est responsable des documents qu’elle possède, mais non de ceux qu’elle ne possède pas, car les lois sur le droit d’auteur stipulent ce que l’université peut fournir. Un obstacle important et malheureux est l’article 32 de la Loi sur le droit d’auteur, qui traite des personnes ayant une déficience perceptuelle. Selon cet article, quiconque produit un livre en gros caractères commet une infraction au droit d’auteur. On peut donc se demander si la Loi sur le droit d’auteur entre en conflit avec la législation sur les droits de la personne. De plus, la Loi interdit la reproduction des ouvrages cinématographiques. Comme le souligne un participant, on doit pouvoir cataloguer et partager l’information déjà convertie et disponible en média substitut, notamment par l’intermédiaire du système des bibliothèques. Parfois, seulement des parties de l’ouvrage sont disponibles, et on devrait également les cataloguer. De plus, accès égal est synonyme de qualité égale. La qualité des fichiers électroniques fournis par les éditeurs devrait être la même que celle des ouvrages imprimés originaux. Plus important encore, la qualité dépend de l’importance du manuel dans le cours, et de l’importance du cours pour l’étudiant. Enfin, le groupe constate que les fichiers des éditeurs ne sont pas toujours accessibles. En outre, de nombreux ouvrages sont disponibles, mais inaccessibles, parce qu’ils sont offerts aux citoyens américains dans le format RFB&D (Recording for the Blind and Dyslexic), format différent de ceux qui sont offerts aux citoyens canadiens. Rapports des groupes à la plénière; résumé des trois groupes Obstacles à l’atteinte du succès :
Résumé des principaux points
Notes du sous-groupe présidé par Vince Tomassetti : Vince Tomassetti invite le groupe à examiner les obstacles définis précédemment et à déterminer les tâches requises pour les surmonter, tout en gardant à l’esprit que le changement est inévitable et que de nouvelles technologies continueront de voir le jour. Un délégué signale que l’ACCSEHP n’a vraiment aucun pouvoir, mais qu’elle peut peut être étudier les systèmes existants et déterminer les pratiques exemplaires pour ce qui est du partage avec d’autres établissements postsecondaires, les éditeurs, le gouvernement fédéral, les ministères provinciaux de l’éducation, etc. On pourrait probablement définir des normes pour la production des documents. Un autre délégué indique qu’il s’agit de sensibiliser les professeurs à l’accès aux médias substituts et à toute cette problématique. Par exemple, pour pallier le manque de connaissance des professeurs, on pourrait leur fournir des « conseils » sur la façon de créer des sites Web accessibles et sur d’autres sujets. Un participant suggère que l’on fournisse une formation additionnelle aux professeurs sur la façon de créer des documents dans WebCT, etc., à partir de zéro, sans exiger qu’ils refassent le travail existant. L’ACCSEHP devrait demander que l’on applique les pratiques et normes existantes pour créer des sites Web universitaires accessibles et autres supports d’information. Un délégué souligne l’importance de coordonner les travaux entre NEADS et l’ACCSEHP, et les avantages d’utiliser les canaux existants. Un participant suggère que l’on utilise le développement CU en se basant sur certaines normes. Le Canada possède un Conseil des ministres de l’éducation (CMEC); l’ACCSEHP devrait tenter d’attirer l’attention du Conseil. Si les ministres constatent que la question de l’accès égal au Web et à l’information électronique pour les étudiants handicapés a une priorité élevée, ils peuvent influer le processus décisionnel dans leurs provinces et territoires. Un autre canal pourrait être l’ensemble des vice présidents aux affaires universitaires dans les universités ontariennes. Un comité de dispensateurs de services aux étudiants handicapés en Ontario pourrait demander de faire une présentation. Il pourrait y avoir des organismes similaires dans les autres provinces et territoires. En plus de discuter avec ces groupes, un participant recommande que l’ACCSEHP fasse appel à ces instances et processus décisionnels pour mieux se faire connaître et faire avancer ses dossiers. Selon un délégué, « Nous ne devons pas commencer à nous priver de nos droits ». L’ACCSEHP devrait travailler à tous les niveaux : sur le terrain et auprès des instances gouvernementales. L’information ne circule pas automatiquement. Vince Tomassetti convient qu’exercer des pressions auprès des instances supérieures est une bonne stratégie, car l’adoption d’une norme et les discussions à ce sujet doivent se faire à ces niveaux. Le participant qui a suggéré cette stratégie ajoute que si les ministres voient l’ACCSEHP comme un groupe d’experts, ils pourraient lui demander de créer une norme que l’ACCSEHP appliquerait. C’est ce que veut le groupe. Les ministres ont l’autorité pour prendre ces décisions. Selon un participant, les collèges et universités peuvent chacun coordonner leurs efforts, et utiliser leur pouvoir d’achat collectif auprès des fournisseurs, pour adopter des normes. Vince Tomassetti ajoute que de nombreux organismes gouvernementaux achètent uniquement des fournisseurs qui offrent des produits accessibles. Il y a différents moyens d’appliquer les normes. Enfin, le groupe est fort intéressé à créer un site Web pour partager les ressources. Identification des stratégies visant à atteindre les objectifs précédemment définis, et identification des personnes et des organisations qui devraient être responsables. Notes du sous-groupe présidé par Vince Tomassetti Un délégué souligne que l’ACCSEHP ne peut imposer la responsabilité à d’autres, comme les éditeurs ou les instances politiques. Un délégué mentionne qu’il a collaboré avec Neil Faba, il y a deux ans, au sujet d’un document de travail de l’ACCSEHP sur les médias substituts. Ce document portait sur l’ensemble des médias, au delà du texte. Il suggère que l’on étudie cette question en groupe de travail restreint, et qu’on l’adopte comme mission de l’ACCSEHP. On pourrait ensuite en faire la promotion auprès de diverses organisations, comme les vice présidents d’universités, le Conseil de la bibliothèque nationale, les ministères fédéraux, etc. Un participant souligne que les organismes responsables varient d’une province à l’autre. Certains sont plus centralisés que d’autres. Vince Tomassetti suggère que les établissements sont également responsables, même s’il y a des différences dans leurs départements. Certains offrent de très bons services aux étudiants handicapés, et ils sont fréquentés par de nombreux étudiants pour cette raison. Un délégué souligne que ces établissements pourraient se retrouver avec plus d’étudiants qu’ils ne peuvent en accepter. Au sujet de l’idée de créer un groupe de travail restreint, les participants indiquent que des orientations et des canaux de communication clairs sont requis, ainsi qu’un nombre restreint de personnes ayant un fort intérêt et une expertise dans ces questions. Un tel groupe devrait définir la stratégie, la présenter au conseil d’administration, puis rédiger des lettres appropriées afin d’attirer l’attention des organismes extérieurs. Le groupe discute ensuite des responsabilités, quand plusieurs partenaires produisent des documents en média substitut. Habituellement, les éditeurs produisent le contenu original à l’interne, mais ils engagent des ressources externes (personnes et/ou technologies) pour créer les documents en média substitut. Pour réaliser des économies d’échelle, il est pratique courante que les éditeurs fassent faire ce travail par des sous traitants, de sorte qu’ils n’ont pas besoin d’engager du personnel permanent ayant des compétences spéciales. Cela permet à plus de personnes d’offrir des services de production de documents en média substitut. Autre point soulevé : on devrait adopter des lois qui obligent les éditeurs à produire des normes. Toutefois, il existe déjà plusieurs normes différentes. On doit régler la question de la normalisation de formats spécifiques. Selon un participant, les choses changeront passablement avec la Loi sur les personnes handicapées de l’Ontario, qui stipule que des comités provinciaux établiront des normes, et que les autorités provinciales verront à leur application. Des amendes pourront être imposées aux éditeurs et aux établissements qui ne s’y conformeront pas. Le groupe discute également des questions de droit d’auteur. La Loi sur le droit d’auteur permet la conversion des textes imprimés en média substitut, mais les gros caractères ont été exclus. Un participant suggère que l’on fasse des pressions auprès des libraires et des éditeurs. Selon un autre délégué, l’ACCSEHP devrait allouer du temps et des fonds pour engager un lobbyiste professionnel pour exercer des pressions auprès de différents organismes, car les dispensateurs de services aux étudiants handicapés n’ont ni le temps ni les ressources pour faire ce travail. Rapports des groupes à la plénière : résumé des trois groupes Voici plusieurs stratégies de succès proposées :
Résumé des principaux énoncés :
Rapports des groupes à la plénière : résumé des trois groupes
Résumé des principaux énoncés :
Qui est responsable?
Recommandations et étapes suivantes Principales recommandations présentées à l’ACCSEHP :
Prochaines étapes
Résumé de clôture Le groupe a discuté de plusieurs enjeux importants. Tout d’abord, on a traité des avantages et des inconvénients de la responsabilité légale à l’égard des normes. Chaque modèle a ses propres particularités, et chaque province a des lois différentes touchant les personnes handicapées. La législation devrait peut être porter seulement sur la plate forme, et non sur le produit final. En outre, les exigences légales ne sont parfois pas logiques, mais en définitive elles peuvent être requises si les groupes visés ne s’y conforment pas volontairement. En deuxième lieu, le financement est un problème important dans la production de documents en média substitut. Des fonds provenant des établissements et des sources provinciales et nationales sont requis pour assurer l’accès aux bons documents scolaires, au moment opportun et à juste prix. En troisième lieu, les bureaux de services aux étudiants handicapés au Canada fonctionnent selon différents modèles. Malgré ces différences, il est manifeste que si les établissements avaient accès aux fichiers des éditeurs, cela faciliterait le travail des dispensateurs de services aux étudiants handicapés du postsecondaire, pour leur assurer un accès égal et complet. Nous suggérons d’établir un dépôt national des fichiers fournis par les éditeurs en format normalisé, pour tous les manuels, de sorte que tous les établissements postsecondaires puissent y avoir accès. Le gouvernement fédéral envisage de lancer un projet pilote pour tester ce modèle. Le but est de produire des documents en média substitut aussi exacts et de même qualité que l’original. Les éditeurs devraient être tenus de produire des fichiers électroniques dans un format qui répond aux besoins de tous les utilisateurs. Un sujet aussi important requiert des mesures nationales et provinciales à de nombreux niveaux. Si on peut préserver l’enthousiasme manifesté par ce groupe de 22 personnes, l’ACCSEHP réussira à s’approcher plus près de son but, qui est de fournir des documents scolaires aux étudiants du postsecondaire incapables de lire les imprimés, au bon endroit, dans le bon format et à juste prix. En guise de conclusion, Gladys Loewen constate la grande convergence d’idées de ce groupe de représentants provenant de cinq provinces, et composé de dispensateurs de services aux étudiants handicapés, de bibliothécaires et d’invités qui ont tous une responsabilité et un intérêt communs dans la production et la diffusion de documents scolaires en média substitut. Elle remercie tous les participants pour leur apport, qui aidera l’ACCSEHP à continuer la lutte afin d’assurer un accès égal à tous les étudiant(e)s incapables de lire les imprimés. Participants au groupe de discussion
Remerciements : Le conseil d’administration de l’ACCSEHP désire remercier :
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