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Rendre inclusives les activités parascolaires

Résumés des présentations

Thème 2 : Intégration à la vie du campus

Modératrices : Alison Beattie, représentante de l'Alberta, NEADS; Lena Cook, représentante de la Saskatchewan, NEADS

Jennifer Gillies : Étudiant(e)s handicapé(e)s à l'université – La transition vers l'inclusion

Les étudiants handicapés sont reconnus comme un élément essentiel de la diversité de la communauté universitaire, fait remarquer Jennifer Gillies, étudiante à la maîtrise ès arts, Department of Recreation and Leisure Studies, Université de Waterloo. Des services spécialisés apportent un important soutien, tant scolaire que personnel, aux étudiants et les aident à créer des réseaux de contacts sociaux et à surmonter les obstacles. Cependant, il y a eu peu d'études sur l'adéquation entre ces services et les besoins des étudiants.

La transition de l'école secondaire à l'université est particulièrement difficile pour les étudiants handicapés, qui doivent parfois travailler plus fort que les autres étudiants et ont donc moins de temps à consacrer à leur vie sociale. C’est un souci car les activités récréatives et les loisirs peuvent aider à faire la transition avec l'université en renforçant les aptitudes personnelles et le sentiment d'inclusion.

Dans son étude, Gillies examine, sur le plan qualitatif, comment un petit groupe d'étudiants handicapés se sont intégrés à la vie d'une grande université du Sud-Ouest de l'Ontario. Elle s’est penchée sur la façon dont certains facteurs – comme le recours aux services offerts aux étudiants handicapés et la participation aux activités récréatives et aux loisirs – augmentent le sentiment d'inclusion dans la vie universitaire.

Deux questions clés ont orienté l'étude :

  • Comment les services universitaires contribuent-ils à la transition et à l'intégration des étudiants handicapés à la vie universitaire?
  • Quel rôle exercent les activités récréatives et les loisirs pour faciliter l'intégration dans la communauté universitaire?

Une lettre de présentation du projet d'étude avait été postée à environ 70 étudiants handicapés arrivés à l'université pendant l'année visée par l'étude. Quatre étudiantes, avec des handicaps différents, y ont répondu.

Un processus d'entrevue en deux étapes a été employé. Les questions de la première entrevue, menée au cours de la semaine d'inscription, portaient sur les activités réservées aux nouveaux étudiants, leurs conditions de logement, les possibilités récréatives et sociales dont les étudiantes comptaient profiter, les services qu'elles connaissaient et prévoyaient utiliser et les choses qu'elles avaient trouvées utiles pour la transition.

La seconde entrevue, six mois plus tard, visait à déterminer le progrès de l'intégration et faisait le suivi des questions posées à la première entrevue. Les étudiantes ont par exemple été interrogées sur les services auxquels elles avaient eu recours et les projets d'ordre social auxquels elles avaient donné suite. Le but visé était d'explorer la relation entre la fixation d'objectifs et leur atteinte.

Une analyse comparative de modèle a ensuite été effectuée pour catégoriser les expériences des personnes interviewées et a permis de dégager plusieurs schémas communs, notamment les schémas ou thèmes clés suivants :

  • Intégration à la vie du campus
  • Réalisation et adaptation des objectifs

L'Office for Persons with Disabilities de l'Université de Waterloo s'est avéré un soutien formel clé pour l'intégration à la vie du campus. Ce service était le point de convergence de l'intégration des étudiants dans le milieu universitaire. Il améliorait la communication et la compréhension entre étudiants et professeurs et offrait soutien et ressources. Toutefois, le recours à ce service et à d'autres soutiens formels entraînait parfois du stress et de l'anxiété, les étudiantes ayant le sentiment que certaines questions échappent à leur contrôle.

Les soutiens sociaux et informels comprenaient les activités de la semaine d'inscription, la résidence étudiante, les clubs et équipes et les loisirs. Les activités récréatives et les loisirs ont contribué à alléger le stress et à améliorer la santé, ce qui a aidé les étudiantes à atteindre leurs objectifs pour une transition heureuse.

L'étude a permis de constater que les personnes interviewées s’étaient, dans une large mesure, fixé des objectifs et les avaient atteints. Le manque de temps, d'argent et de capacité était restrictif. Les objectifs évoluaient à mesure que se faisait l'immersion des étudiantes dans la vie universitaire. Par exemple, une participante a fait remarquer qu'elle s’était fait assez d’amis et qu'elle n'avait pas dû fréquenter des clubs comme elle le prévoyait.

Les participantes estimaient que leur transition si elles arrivaient à surmonter les obstacles, à obtenir de bons résultats scolaires et à se faire des amis. Elles ont eu recours aux divers services offerts et ont fait état de compétence dans leurs aptitudes personnelles. À leur avis, elles travaillaient plus fort et plus longtemps que les autres étudiants, ce qui accroissait leur sentiment de manquer de temps, mais leur procurait également un sentiment d'auto-efficacité.

L'effet de l'auto-efficacité sur le comportement est un cadre explicatif élaboré par Albert Bandura, qui théorisait que les gens mesurent leur réussite en se rappelant leurs réalisations antérieures. Lorsqu'ils connaissent des succès, ils ont le sentiment d’avoir un niveau d'auto-efficacité plus élevé. Les gens dont l'auto-efficacité est élevée ont vraisemblablement une meilleure estime de soi et sont davantage en mesure de gérer diverses situations : ils maîtrisent mieux leur environnement mais aussi leur handicap. Les soutiens informels et formels y contribuent.

Le modèle des « soutiens et obstacles » de l'auto-efficacité indique que la disponibilité de soutiens influe positivement sur l'expérience d'auto-efficacité et, par la suite, sur la capacité d'intégration dans une communauté universitaire. Les obstacles comprennent notamment les contraintes de temps, le handicap, les difficultés de communication et le sentiment de dépendance et ils peuvent avoir un effet néfaste sur le sentiment d'auto-efficacité et restreindre la réussite scolaire et sociale.

La disponibilité des services de soutien est un facteur critique. Selon l'étude de Gillies, les étudiants utilisent les services de soutien pour surmonter les obstacles.

Les conclusions de l'étude indiquent que divers aspects de la vie universitaire – notamment les services de soutien, les possibilités de loisir et le soutien des pairs – contribuent à l'insertion réussie des participants dans la communauté universitaire. L'étude a montré que, pour les étudiants handicapés, l'inclusion passe par l'accès à des services spéciaux et par l'efficacité de ces services. Les étudiants qui ont accès à des services efficaces ont davantage confiance en eux-mêmes et sont mieux adaptés au milieu universitaire.

Jennifer Dunn : L'inclusion des étudiant(e)s handicapé(e)s dans les activités commanditées par les collèges et universités – Le projet de NEADS

Jennifer Dunn, consultante de projet, résume le projet Inclusion de NEADS, expliquant qu’il s’agit d’un partenariat entre la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants et la Canadian Organization of Campus Activities.

Le projet a pour objectif de déterminer l'accessibilité des activités parascolaires pour les étudiants handicapés, un objectif qui diffère de ceux des projets antérieurs de NEADS qui portaient sur les questions scolaires et la transition de l'école secondaire aux institutions postsecondaires. Ce projet est le premier au Canada qui vise l'accessibilité des ces activités au niveau postsecondaire. NEADS estime que les activités parascolaires constituent un élément essentiel de l'éducation postsecondaire et a donc décidé l'examiner cette question.

Dans le but de cerner des solutions appropriées, le projet déterminera les obstacles particuliers auxquels sont confrontés les étudiants handicapés afin de créer, en bout de ligne, une trousse de formation destinée aux programmateurs des activités sur le campus et de définir des pratiques concrètes (y compris les « pratiques exemplaires » connues) pour les rendre plus accessibles.

De nombreux avantages découlent de la participation aux activités parascolaires. Celle-ci favorise la croissance personnelle, la santé et le mieux-être, permet d'établir des réseaux de contacts sociaux et professionnels, contribue à l'acquisition et à l'amélioration des compétences, suscite le sentiment d'appartenance, permet l'exploration d'intérêts personnels et renforce l'engagement à l'égard des études et de la réussite scolaire.

Au cours de la première phase de l'étude, les chercheurs ont envoyé aux programmateurs d'activités sur le campus de tout le pays, un questionnaire de deux pages sur leurs activités . Ils ont également rencontré des responsables de la programmation dans quatre établissements d'enseignement de la Saskatchewan.

Les recherches ont montré que les activités les plus populaires étaient celles de la semaine d'orientation, les événements internes et sportifs et les soirées dans les pubs. Les programmateurs supposaient que ces activités étaient accessibles parce que les bâtiments où elles se déroulaient l'étaient. Mais comme les étudiants handicapés ont tendance à ne pas parler de leurs difficultés, les programmateurs ne s'étaient pas penchés sur leurs nombreux besoins. Des problèmes se sont également posés quant aux lieux des activités hors campus, qui ne sont pas toujours accessibles, et aux moyens de transport entre le campus et ces lieux. Les organisateurs se disaient disposés à répondre, au cas par cas, aux besoins de ces étudiants, mais pensaient qu'il n'était pas réellement possible de rendre toutes les activités totalement accessibles.

Parmi les organisateurs consultés dans le cadre du sondage, 88 % ont indiqué que la plupart ou la totalité des installations étaient accessibles. De nombreuses associations étudiantes étaient disposées à des aménagements en fonction de besoins précis qui leur seraient signalés. Parmi les répondants, 72 % ne voyaient pas d'empêchements à rendre les activités plus accessibles et 58 % avaient accès à des fonds à cette fin (mais seulement 39 % ont dit que l'accessibilité était prise en considération au moment de la planification des élections des organismes étudiants).

Dunn mentionne quelques conseils pour accroître l'accessibilité :

  • Fournir la documentation sur les activités dans des formats alternatifs.
  • Faire de la publicité par une diversité de moyens.
  • Donner une formation psychosociale aux dirigeants de clubs et d'organismes.
  • Inclure des étudiants handicapés dans la planification et le déroulement des activités.
  • S'assurer que les locaux où se déroulent les activités et les toilettes sont accessibles.

Dans la deuxième étape du projet (actuellement en cours), un questionnaire a été distribué à des étudiants handicapés portant sur leur participation aux activités parascolaires et sur les types d'obstacles qu'ils ont rencontrés.

Les résultats préliminaires montrent que beaucoup d'étudiants n'ont pas assez de temps pour participer aux activités parascolaires en raison des exigences de leur programme d'études. Certains ne sont pas intéressés par les activités offertes. Beaucoup ont mentionné que les clubs se trouvaient dans de vieux immeubles qui ne sont pas accessibles. Quelques-uns ont affirmé que les difficultés de transport les empêchaient de participer à des activités hors campus.

Un atelier de formation a eu lieu tout juste avant la conférence pour discuter des moyens d'améliorer l'accessibilité des activités. Les prochaines étapes comprendront la préparation de documents de formation en ligne et en différé à l'intention des programmateurs d'activités sur le campus. Deux listes de vérification à utiliser pour les activités et événements seront fournies ainsi qu’une liste de façons dont les programmateurs peuvent rendre les activités plus accessibles. Un formulaire permettant aux étudiants handicapés de demander des aménagements pour des activités accessibles sera diffusé, ainsi qu'une liste de pratiques exemplaires et de suggestions venant de partout au Canada pour promouvoir l'accessibilité des activités.

Mahadeo Sukhai : Élaboration d'un réseau de collaboration – L'expérience de l'Université de Toronto

Mahadeo Sukhai, président, Graduate Students' Union, Université de Toronto, décrit les efforts de sensibilisation aux questions concernant les étudiants handicapés et leur inclusion dans la vie du campus à l'Université de Toronto. Il énonce d'abord un point de vue philosophique sur le « monde » de l'activisme des personnes handicapées, qui prend deux formes :

  • un mouvement général composé d'organismes, de coalitions et de regroupements qui travaillent en gros en fonction des mêmes objectifs;
  • des « ambassadeurs sans attache » qui représentent ce que les personnes handicapées ont de mieux à offrir, mais qui préfèrent ne pas s'engager dans une structure formelle.

Ces deux groupes collaborent et échangent des commentaires mais il y a aussi une certaine tension entre eux. Le mouvement étudiant général (pas seulement les étudiants handicapés) peut être très monolithique et enclin à adopter l'attitude « quiconque n’est pas avec nous est contre nous ». L'avancement de la cause des personnes handicapées ne passe cependant pas toujours par le mouvement des étudiants handicapés.

Ce dernier a ses forces et ses faiblesses. Ses points forts tiennent au nombre de ses membres, à ses capacités organisationnelles, à la mise sur pied de coalitions, à sa durabilité et à son accès à des ressources financières. Ses points faibles tiennent à sa représentativité réelle et à la présence du facteur du « plus petit dénominateur commun », à savoir s'il peut parler au nom de tous sans pour autant être limité au « plus petit dénominateur commun ».

Les gens qui tiennent le rôle d'« ambassadeur sans attache » ont aussi leurs forces et leurs faiblesses. Ils peuvent parler sans intermédiaire et sont les seuls maîtres de leurs tactiques d'intervention. Leur bonne réputation les précède et l'exemple qu'ils donnent est motivant. De plus, ils peuvent s'intégrer aux organismes du campus sans être assimilés.

L'un des problèmes, c'est qu'après leur départ, il ne reste aucune structure pour continuer leur travail. Les questions de permanence ou d'argent conditionnent peu leurs activités. En dernière analyse, le travail réalisé par ces ambassadeurs se réduit à la « vision du monde d'une personne ».

À l'Université de Toronto, ces deux mondes travaillent en partenariat. Le climat amical créé par les « ambassadeurs sans attache » a mené à la formation d'un mouvement d'étudiants handicapés. Ce mouvement, à son tour, a créé un environnement propice au mentorat et à la défense individuelle des intérêts.

Au cours des trois dernières années, à l'Université de Toronto, la sensibilisation aux questions concernant les personnes handicapées et les mesures prises à leur égard ont augmenté et la situation s'est améliorée. L'approche systémique qui a permis cette évolution fait appel à la collaboration entre les étudiants, les fournisseurs de services, l'administration, le personnel et les anciens élèves.

L'approche retenue par les étudiants a consisté à établir une présence pour les étudiant(e)s handicapés, à sensibiliser et à éduquer, à déterminer des stratégies de lobbying et à donner l’exemple. Leur réussite tient pour une grande part au fait qu’ils ont su saisir les occasions et comprendre le système. La constitution d'un réseau suppose qu'il faut savoir ce que font les gens, à qui parler, comment les aborder, comment fonctionne la gouvernance et comment faire un lobbying efficace. Le recours stratégique à des manifestations peut également s'avérer efficace.

L'Université de Toronto, dit Sukhai, a formulé un énoncé de vision pour un campus inclusif. Il fait aussi état du processus de planification que la Loi de 2001 sur les personnes handicapées de l'Ontario (LPHO) impose au secteur public en Ontario et aux organismes figurant en annexe en vue d'élaborer des plans annuels d'accessibilité, lesquels doivent identifier les obstacles et présenter des initiatives pour les supprimer.

Dans la deuxième année de son processus de planification en vertu de la LPHO, l'Université de Toronto a mis sur pied un comité consultatif général, composé de 40 membres, dont des personnes handicapées. Ce comité, qui a lui-même créé sept sous-comités et un comité de coordination, a poursuivi ses travaux de février à juillet 2004 et a produit un rapport de 98 pages sur les initiatives entreprises en 2003-2004. Il a également présenté 40 initiatives pour 2004-2005. Ces initiatives portent sur les attitudes (les questions concernant les personnes handicapées et la formation initiale, par exemple), les questions pratiques (séminaires sur l'aménagement organisationnel et la polysensibilité chimique, par exemple), la technologie et la conception du matériel pédagogique.

La participation des étudiants s'est soldée par la mise en place d'un certain nombre d’éléments, notamment une série de conférences intitulée Breaking Down Barriers 2004, une campagne d'affichage, un engagement formel à l'égard des personnes handicapées et le Access Centre.

Breaking Down Barriers, qui en est à sa deuxième conférence, est devenu un modèle pour les efforts de sensibilisation et d'éducation à la base. L’objectif est la durabilité à long terme et des délégués de l'extérieur de la communauté universitaire participent.

Dans la campagne des affiches de sensibilisation, on voit 11 étudiants de divers groupes, inscrits à divers programmes d'études et ayant divers handicaps. Ces étudiants sont principalement des « ambassadeurs sans attache » qui se sont portés volontaires pour paraître sur ces affiches. Cette campagne n'aurait pas été possible il y a quatre ans.

L'accessibilité a considérablement augmenté à l'université, où plusieurs projets distincts en plus de ceux prévus par le plan LPHO ont été proposés. Ces initiatives supplémentaires comprennent des laboratoires de chimie accessibles, des sites Web avec un accès modifié et amélioré et une anthologie sur la condition des personnes handicapées.

L'autonomie organisationnelle va de pair avec une certaine « masse critique ». Il y a quatre ans, quelques personnes à l'université œuvraient isolément sur les questions d'accessibilité. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui travaillent ensemble de façon informelle à l’instauration d’un climat accueillant et à la préparation du terrain pour des mesures ultérieures.

Le système n'est pas sans problèmes : aucun engagement de ressources n'a été obtenu de la part du gouvernement provincial, ni des institutions et départements. L'inertie institutionnelle joue également. Comment, par exemple, accorder l'équité et l'accessibilité avec la méritocratie de l'Université de Toronto et les préoccupations quant à la dilution des normes? Une certaine indifférence administrative existe – qui devient parfois résistance –, comme d'ailleurs un certain degré d'indifférence communautaire, du fait que les étudiants handicapés ne représentent que 2 % de la population universitaire. Mais 2 % d'une population étudiante totale de 70 000 signifie quand même un grand nombre d'étudiants. Sukhai souligne qu’il ne faut pas se contenter de l’équité : il faut aussi prendre des mesures.

Sukhai parle de la création du Graduate Accessibility Committee (GAC), qui a pour mandat d'améliorer la qualité et l'accessibilité des études supérieures pour les étudiants handicapés. Ce groupe de recherche, de réflexion et de lobbying a réussi à faire adopter par la Graduate Students Union une politique sur l'accessibilité en avril 2003. Le GAC a participé à plusieurs groupes de travail et comités et a élaboré sa propre stratégie de lobbying ciblé, reposant sur un vaste réseau de contacts.

Un autre organisme important, Students for Barrier-Free Access (SFBA), fondé en 2002, assure la promotion des intérêts et l'intervention directe pour le compte des étudiants handicapés. Il a récemment mis sur pied l’Access Centre, financé avec les cotisations du Students' Administrative Council et créé en réponse aux documents de planification de la LPHO, qui identifiaient les obstacles rencontrés par les étudiants handicapés et qui pourraient être supprimés par la création d'un tel centre. Le modèle de gouvernance du Centre garantit une représentation étudiante majoritaire, ainsi que la présence de membres du gouvernement étudiant.

En conclusion, Sukhai affirme qu'un climat de collaboration s'est instauré à l'Université de Toronto depuis trois ans. La création du SFBA Access Centre constitue un grand pas en avant et marque la permanence du mouvement.

Discussion

Le corps enseignant n’est souvent pas très compréhensif à l’égard des étudiants handicapés, dit un participant qui ajoute qu'un mécanisme est nécessaire pour garantir que l'information parvienne à chacun des enseignants.

Dunn fait remarquer que les documents de formation produits dans le cadre du projet de recherche de NEADS ont été largement diffusés et sont disponibles en ligne. Les représentants des associations étudiantes devraient être en mesure de remettre l'information directement aux membres du corps professoral. Jennison Asuncion, qui participe également au projet Inclusion, signale qu'il est prévu de demander aux gens de faire au niveau individuel la distribution des documents de formation.

Interrogé sur les moyens à prendre devant l'inertie institutionnelle ou la résistance aux changements destinés à améliorer l'accessibilité, Sukhai dit que la publicité et les interventions répétées et persistantes peuvent s'avérer efficaces. Des contraintes peuvent exister quant il s’agit d’apporter des changements (par exemple, dans le cas d'un immeuble non accessible qui ne peut être modifié), mais dans ces cas, il importe de chercher des solutions de rechange.

Dunn fait remarquer que les associations étudiantes et les organisateurs d'activités ne sont souvent pas conscients des besoins des étudiants handicapés. Il peut être utile de les en informer. Asuncion signale que NEADS est en train de formuler des lignes directrices sur l'accessibilité.

Interrogée sur les façons d'aborder les clubs étudiants, Asuncion répond qu'il « faut engager la conversation avec eux » et les sensibiliser aux étudiants handicapés et à leurs besoins. « Il s'agit d'une responsabilité conjointe. »

Sukhai ajoute que les organismes devraient inclure dans leurs documents promotionnels les coordonnées des personnes avec qui les personnes handicapées souhaitant participer doivent communiquer. En réponse à une question au sujet des associations étudiantes qui ne font pas une promotion satisfaisante de leurs activités, Sukhai explique que les étudiants handicapés pourraient choisir de créer leur propre réseau d'information, mais, ajoute-t-il, ils pourraient aussi décider de s'exprimer de façon plus catégorique et même, au besoin, d'alerter les médias.

Un participant soulève le problème de la bureaucratie dans le processus visant à obtenir des aménagements dans les universités. Il y a des limites à ce que les services aux personnes handicapées peuvent faire.

Sukhai convient que les bureaux chargés de ces services se trouvent dans une position délicate : ils font partie du système universitaire et ont les mains liées. Il incombe donc à d'autres organismes de soulever les problèmes. Un autre moyen efficace pour obtenir la sensibilisation voulue consiste à demander aux particuliers de partager leurs expériences avec d'autres.

Un participant demande par quel moyen on peut avoir une vue générale des activités de promotion à l'Université de Toronto.

Sukhai souligne qu'un bon nombre d'étudiants handicapés ne s'inscrivent pas auprès de l'Office of Disability Assistance, préférant travailler directement avec leur département ou leur superviseur. Il est donc difficile d'obtenir le pourcentage exact des étudiants handicapés. Si l'on se fie aux statistiques pour l'ensemble de la population, on peut conclure que jusqu'à 15 % des étudiants à l'Université de Toronto – soit plus de 10 000 personnes – auraient un handicap. Mais ce n'est qu'une minorité d'entre elles qui se sont déclarées. Pour répondre aux besoins du plus grand nombre possible, le mouvement des étudiants handicapés a tenté d'examiner et de synthétiser autant de points de vue que possible.

Questionnée sur l'importance de loger sur le campus pour les personnes handicapées, Gillies dit que les participants à son étude ont tiré des avantages du fait de vivre sur le campus en termes, entre autres, de leur vie sociale, des transports et de la sécurité.

Au sujet des SBFA à l'Université de Toronto, un participant demande comment assurer une participation étudiante permanente une fois qu'un organisme est établi.

Sukhai répond que, dans le but d'avoir un outil de recrutement permanent, ce sont des étudiants qui constituent le personnel du Access Centre. Le Centre peut ainsi planifier la succession des dirigeants en faisant appel à ceux qui se montrent intéressés et actifs.

Interrogé sur l’obligation de rendre compte de la façon dont l’argent est dépensé, Sukhai répond que c'est un groupe de gouvernance qui en est chargé. Ce groupe comprend des étudiants et d'autres membres de la communauté universitaire. Dès le départ, le système a été conçu de façon à assurer la reddition de comptes et la transparence.

En réponse à une question sur les critères de réussite appliqués par le Centre, Sukhai explique que des indicateurs de rendement sont en place et devraient figurer dans le rapport annuel relatif à la LPHO.

Un autre participant demande s'il y a des études portant sur l'intégration à la vie du campus des étudiants des universités plus petites, des collèges communautaires ou des établissements d'enseignement en milieu rural.

Asuncion explique que l'étude de NEADS a porté sur l'ensemble du Canada, mais qu'elle ne comprend pas une analyse comparative urbaine-rurale. Les données nécessaires existent, mais une telle analyse ne faisait pas partie du mandat de l'étude.

Questionnée sur le faible niveau de participation à son étude, Gillies convient qu'une étude plus poussée englobant un plus grand nombre d'étudiants est souhaitable. Elle reconnaît les limites des entrevues menées auprès de seulement quatre participantes volontaires mais explique qu’il est très difficile d'en recruter davantage en raison des règles de protection des renseignements personnels

Discutant de la tendance éventuelle des étudiants handicapés à se « regrouper », Sukhai affirme qu'une telle auto-ségrégation n'est généralement pas un problème. Le Access Centre à l'Université de Toronto offre des espaces de rencontre, mais les étudiants handicapés n'ont pas tendance à se « regrouper ». Au contraire, ils tendent plutôt à ne pas s'identifier comme étudiants handicapés.

Gillies fait remarquer que son étude a montré qu'il existait un mélange de possibilités pour les étudiants handicapés, allant des activités pour tous aux activités spécifiquement conçues pour eux.


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