Rapport - Forum sur les stratégies de recherche d’emploiLa divulgation et l’aménagement du lieu de travailJulie Tee, NEADS Julie Tee mentionne d’emblée que la divulgation est un choix personnel, et elle ajoute : « La loi n’oblige pas à divulguer de l’information sur sa déficience, à moins qu’il soit probable que celle-ci aura un effet sur son rendement ou sa capacité de répondre aux exigences inhérentes au poste, y compris sur sa capacité de travailler en toute sécurité et d’assurer la sécurité de ses collègues de travail ». Pour ce qui est de déterminer à quel moment divulguer son handicap, Mme Tee mentionne que la personne devrait discuter avec son employeur, au moment de l’étude de sa candidature, si elle doit demander des accommodements tels que des arrangements particuliers pour l’entrevue ou pour l’exécution du travail, comme de l’équipement adapté ou des assouplissements aux conditions de travail. Mme Tee précise que, si une personne décide de divulguer à son employeur de l’information concernant sa déficience, les seuls renseignements qu’il est important de révéler sont liés :
« Vous n’êtes pas obligé de divulguer des renseignements médicaux ou personnels particuliers concernant votre déficience, dit-elle. N’oubliez pas que les lois fédérales et provinciales interdisent la discrimination contre une personne, fondée sur sa déficience. » Mme Tee ajoute que la personne a droit au traitement confidentiel et respectueux de l’information concernant sa déficience et qu’elle a le droit d’accéder à l’information concernant les politiques, pratiques et stratégies d’une organisation en matière d’équité et de demander à un employeur de l’information sur la collecte de ses renseignements personnels, y compris sur sa déficience et sur l’utilisation que l’organisation fait de ces renseignements. La personne a aussi le droit de choisir de divulguer ou non sa déficience à n’importe quel moment pendant sa recherche d’emploi. Mme Tee souligne que les personnes handicapées ont aussi les responsabilités suivantes en ce qui a trait à la divulgation :
En ce qui concerne les responsabilités de l’employeur, celui-ci doit se garder d’exercer directement une discrimination en traitant la personne handicapée moins favorablement qu’il le ferait pour une personne sans déficience dans des circonstances identiques ou semblables; d’exercer indirectement une discrimination en ayant une exigence, une condition ou une pratique qui est la même pour tout le monde, mais qui est moins favorable à cause de son impact sur la personne handicapée; l’employeur doit aussi entreprendre des accommodements raisonnables pour cette personne lorsque cela est nécessaire, ainsi qu’éviter et prévenir le harcèlement à son égard. Si une personne handicapée est victime de discrimination, Mme Tee suggère d’en parler à l’employeur ou au personnel responsable des ressources humaines et elle ajoute qu’il est également possible de déposer une plainte auprès de la Commission canadienne des droits de la personne ou encore auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec. Jennifer Dillon, à qui Mme Tee cède la parole, affirme que si quelqu’un décide de divulguer sa déficience à une personne ou à une organisation, il doit établir un plan de divulgation. Elle poursuit en présentant quelques raisons de divulguer une déficience, notamment le fait qu’un tel geste engendre la confiance et permet de discuter avec l’employeur des stratégies les plus efficaces d’adaptation du lieu de travail; que, si la déficience est visible, la personne peut réfuter les idées erronées et montrer que travailler avec une déficience n’exige pas de grands changements; que, si la déficience a un effet sur le travail de la personne, un employeur pourrait penser que c’est parce qu’elle fournit un mauvais rendement. De plus, si l’on peut raisonnablement considérer que la déficience présente un risque pour la santé et la sécurité d’autrui dans le milieu de travail, ne pas divulguer ce risque pourrait être une violation des obligations de l’intéressé en vertu des lois sur la santé et la sécurité au travail. Mme Dillon mentionne également quelques raisons de ne pas divulguer une déficience, notamment le fait que celle-ci pourrait n’avoir aucune répercussion sur la capacité de la personne à exécuter le travail; qu’elle pourrait susciter une curiosité ou des préoccupations inutiles et des questions indélicates; et que la stigmatisation liée à la déficience est tellement forte que sa divulgation pourrait causer un préjudice indu ou empêcher l’intéressée d’obtenir le poste. Mme Dillon explique qu’on peut divulguer la déficience à plusieurs moments, à savoir avant ou pendant l’entrevue ou après avoir reçu une offre d’emploi, ou encore au moment de l’entrée en fonction, et elle énumère les avantages dans chaque cas. La divulgation avant l’entrevue peut :
La divulgation pendant l’entrevue ou après avoir reçu une offre d’emploi peut :
La divulgation au moment où vous entrez en fonction peut :
En dernier lieu, Mme Dillon conseille de discuter avec l’employeur, en lui indiquant clairement les raisons pour lesquelles vous révélez votre déficience. Elle ajoute que, pour lui faciliter la tâche, il importe de posséder des renseignements sur l’aménagement (prix, temps nécessaire, etc.), de prévoir ses préoccupations et d’y répondre de façon précise. L’intéressé doit connaître sa déficience suffisamment. All contents copyright ©, 1999-2013, National Educational Association of Disabled Students. All rights reserved. |