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Est-ce qu’il y a une association nationale générale d’étudiants et d’étudiantes du niveau postsecondaire? Est-ce qu’elle s’occupe de la défense des droits des personnes handicapées?


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Accès-Succès: Guide de l’employeur

Répondre aux besoins en milieu de travail de l’effectif handicapé de la haute technologie du Canada

Par Neil Faba

La poursuite d’une carrière en sciences peut être une entreprise éprouvante. Avec les défis du travail scolaire en laboratoire et à l’extérieur au cours des études postsecondaires, et les défis posés par le travail exigé des scientifiques et des ingénieur-e-s nouveaux, la courbe d’apprentissage peut manifestement être raide.

Ajoutez une déficience au mélange, et ces défis grandissent encore. Mais Reid Mulligan ne s’est laissé arrêter par rien de cela. Reid a obtenu un grade de premier cycle en génie électrique en 2002, de l’Université Carleton d’Ottawa, Ontario. Si le fait d’être un étudiant en génie ayant la paralysie cérébrale l’a distingué des autres dans son programme, Reid dit qu’il a passé au travers de la plus grande partie des tribulations de la vie étudiante de la même façon que les autres. Reid, qui utilisait un fauteuil roulant pour se déplacer sur le campus, mais qui est capable de marcher sur de courtes distances, dit que le fauteuil roulant posait certains défis à l’école, comme dans les espaces étroits des laboratoires de recherche.

« Les situations en laboratoire étaient un peu difficiles, dit-il. Mais je pouvais me lever et me déplacer quand j’en avais besoin. Si j’avais dû être toujours assis dans mon fauteuil, cela aurait été plus difficile. Ces laboratoires n’étaient pas trop accessibles. »

Reid Mulligant dit que le fait d’être à l’Université Carleton l’a aidé en général sur le plan de l’accessibilité. Les immeubles de l’université sont tous reliés par un système de tunnel souterrain qui, s’il est surtout conçu pour abriter les étudiant-e-s de la rude température hivernale d’Ottawa, offre une façon rapide et facile aux étudiant-e-s handicapés d’aller d’un cours à l’autre.

Comme à Carleton, un grand nombre de campus postsecondaires du Canada offrent une accessibilité relativement bonne aux étudiant-e-s handicapés. Cela explique peut-être pourquoi un nombre considérable de Canadien-ne-s handicapés détiennent des diplômes collégiaux ou universitaires. Des statistiques de 1998 du Conseil canadien de développement social (CCDS) démontrent que plus du tiers des personnes handicapées du pays sont diplômées d’un établissement d’enseignement supérieur.

Mais la représentation des personnes handicapées dans l’ensemble de la population active, et dans les domaines des sciences et de la technologie en particulier, demeure faible. D’autres données de 1998 du CCDS indiquent que chez les diplômé-e-s du postsecondaire de 16 à 34 ans, presque 40 % ayant une déficience ne faisaient pas partie de la population active pour cette année au complet. C’était le cas d’autre part de seulement 2,8 % des diplômé-e-s non handicapés.

Frank Smith, Coordonnateur national de l’Association nationale des étudiant-e-s handicapé-e-s au niveau postsecondaire (NEADS) – une organisation vouée à l’aide et à l’amélioration des expériences éducatives des étudiant-e-s postsecondaires handicapés – dit que le nombre élevé de diplômé-e-s handicapés des collèges et des universités qui sont sans emploi vient de nombreux facteurs, dont le moindre n’est pas la différence des niveaux d’aménagement qu’on trouve sur les campus et dans le milieu de travail.

« Il est peut-être plus facile de réussir à l’école qu’au travail, parce que beaucoup de campus ont déjà des centres de services aux personnes handicapées pour les étudiant-e-s, et du matériel d’aménagement, dit M. Smith. Les compagnies n’ont pas toujours les ressources pour offrir des programmes d’aménagement ou rénover adéquatement leurs immeubles. »

Sanjeet Singh est d’accord avec M. Smith en ce qui concerne la différence entre les aménagements offerts à l’école et au travail. M. Singh, un représentant du conseil de NEADS qui a obtenu un grade de premier cycle en génie électrique de l’Université de Calgary et qui fait actuellement une maîtrise en sciences et plus particulièrement sur les systèmes de positionnement global (GPS), a une déficience visuelle.

M. Singh dit qu’il a demandé un écran d’ordinateur plus grand que les dimensions normales pour faire son travail de laboratoire, parce qu’il ne pouvait pas lire les données à l’écran. S’il dit qu’il a fallu beaucoup de temps pour régler différentes questions administratives avant d’avoir ce qu’il voulait, M. Singh a fini par avoir un écran de 36 pouces à l’école. Il dit qu’il a pu trouver par l’entremise de l’Institut national canadien pour les aveugles ce qu’il n’a pas demandé aux services aux personnes handicapées du campus.

Mais son expérience en milieu de travail a été différente. M. Singh dit qu’un stage chez Nortel qui s’est avéré un défi pour lui et pour la compagnie lui a fait connaître quelques-unes des questions d’aménagement qu’il court la chance de rencontrer au cours de sa carrière. Il utilise ZoomText, un logiciel qui grossit les dimensions des caractères d’ordinateur pour les rendre plus lisibles. Il dit qu’il avait donc encore besoin d’un écran plus grand pour afficher convenablement son travail et pouvoir le lire. S’il a fini par obtenir un écran plus grand, il dit qu’il a fallu un bon huit mois.

« Le stage a été une grande transition pour moi, dit M. Singh. Il y avait certaines attentes des deux côtés. Je n’étais pas certain de ce qui allait se passer dans l’environnement de travail, et les compagnies n’ont pas toujours ce qu’il faut pour relever de tels défis inattendus. » NEADS, qui aide les étudiant-e-s handicapés au cours de leurs études postsecondaires, commence à élargir son mandat en essayant d’abord de combler l’écart entre les étudiant-e-s qualifiés handicapés et les employeurs prêts à engager des personnes handicapées, et en tentant ensuite de fournir de l’information aux employeurs sur les façons d’offrir des adaptations efficaces aux employé-e-s ayant une déficience.

« Les compagnies nous disent parfois qu’elles sont prêtes à engager des personnes handicapées et à faire les aménagements nécessaires, mais qu’elles ne reçoivent pas de demandes, dit M. Singh. D’autres compagnies engagent déjà des personnes handicapées, mais elles ne sont pas nécessairement toutes des compagnies modèles pour offrir les adaptations requises. C’est là que nous intervenons. »

L’élaboration d’un guide pour les employeurs est un projet NEADS en cours. Le guide inclura de l’information sur les meilleures façons d’annoncer les postes ouverts aux diplômé-e-s du postsecondaire handicapés, sur les manières de faire l’aménagement requis et sur les organisations susceptibles d’aider les employeurs en la matière.

Ce guide, qui présente des profils d’employé-e-s handicapés et d’autres ressources pratiques, inclut de l’information sur les meilleures façons d’annoncer les postes ouverts aux diplômé-e-s du postsecondaire handicapés, sur les manières de faire l’aménagement requis sur les organisations susceptibles d’aider les employeurs en la matière. Ce guide vient suivre la publication de NEADS, Connexions Emploi : une trousse d’outils pour les jeunes ayant une déficience, qui offre aux diplômé-e-s handicapés de l’information sur les compagnies et les organisations qui ont des programmes conçus pour employer des personnes qualifiées handicapées. Les deux guides découlent directement des forums sur le leadership étudiant et l’emploi de NEADS, qui ont eu lieu d’un bout à l’autre du pays au cours des cinq dernières années, réunissant les étudiant-e-s et les employeurs pour discuter de questions clés.

NEADS présente également de l’information précieuse sur son site Web, www.neads.ca, à l’intention des étudiant-e-s handicapés qui sont encore à l’école et pour ceux et celles qui entrent dans la population active, et également pour les fournisseurs de services aux personnes handicapées et les employeurs. CampusNet, un projet en ligne de NEADS, offre un lieu où les leaders étudiants handicapés d’un bout à l’autre du pays peuvent communiquer par voie électronique. CampusNet offrira aussi bientôt une banque d’emplois pour les étudiant-e-s, qui aidera encore plus les personnes handicapées à faire sentir leur présence au travail.

Reid Mulligan sait à quel point la situation d’emploi peut présenter des défis, non seulement pour les diplômé-e-s en sciences handicapés, mais pour toutes les personnes handicapées. Il dit qu’il a cherché activement du travail dans son domaine depuis qu’il a obtenu son diplôme, mais qu’il ne s’est rien présenté jusqu’ici. Mais il demeure quand même positif.

« C’est difficile, mais c’est également tout à fait comment le marché est en ce moment, dit Mulligan. J’essaie de me garder à jour en attendant, en lisant mes manuels. Et je commence à regarder des organisations qui aident les personnes handicapées à trouver des emplois. Je ne suis pas trop inquiet. »

(Cet article est paru pour la première fois dans le magazine scientifique en ligne « Next Wave » en juin 2003. Next Wave est une publication de la American Association for the Advancement of Science.)


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